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« Née un 17 octobre », réflexion sur la transmission de la mémoire intergénérationnelle autour des évènements liés au 17 octobre 1961

Dans le cadre des actions initiées par la ville de Wattrelos en direction des collèges, pour lutter contre les radicalités  et favoriser le mieux vivre ensemble, et suite à l’étude et à la diffusion de « Lettres à Nour » en 2018, le Collège Emile Zola de Wattrelos s’est impliqué dans un nouveau projet autour des notions d’acceptation historique et de dialogue familial avec la nouvelle pièce de théâtre de Rachid Benzine, « Née un 17 octobre », mise en scène par Mounia Boudiaf.

Ce travail a impliqué tout le niveau troisième du collège : 3èmes Mandela, Gandhi, Aubrac, Veil.

Des enseignants d’histoire-géographie-EMC : Mme Gorez-Brienne, Mme Héroguel, M Boulanger, Mme Nicq, professeure documentaliste, M Destoop, M Desmyter enseignants de lettres, ont travaillé en interdisciplinarité autour de ce projet.

« Née un 17 octobre » rassemble des outils historiques, philosophiques, psychologiques afin de mener avec les élèves une réflexion sur la transmission de la mémoire intergénérationnelle autour des évènements liés au 17 octobre 1961.

Ce travail de mémoire sur la réappropriation de récits personnels familiaux, sur l’identité narrative, est un outil possible de prévention du phénomène des radicalités.

Ces scénarii intérieurs, délivrés du silence et des résistances qui ont pu les entourer sur plusieurs générations, ont trouvé dans l’écriture de Rachid Benzine l’espace d’accueil et d’expression nécessaires à leur libération.

« Je ne suis pas parti du drame du 17 octobre 1961 pour construire une histoire, affirme Rachid Benzine, je suis parti des interrogations sur cette transmission… j’ai choisi de poser mes questions en croisant les regards et les mémoires de trois générations qui ne partagent pas de passé commun, c’est à dire de mémoire personnelle et intime, de vécu émotionnel incarné dans la chair ».

Le 26 novembre, l’ensemble des élèves de troisième du collège a ainsi pu croiser l’histoire de Myriam, jeune adolescente dans la pièce, se rendant tous les ans aux célébrations liées au 17 octobre 1961 avec son père.

« C’est une vraie histoire ? » demande un élève à Mounia Boudiaf lors de l’échange à l’issue du spectacle.

«  Ce n’est pas le cas, c’est une commande à Rachid Benzine. Ce qui m’intéresse, c’est de faire le pont avec les jeunes d’aujourd’hui, et de parler de la transmission. J’ai beaucoup traversé les questions d’identité avec ma famille ».

Se dire les choses pour se créer une histoire commune, sans occulter les histoires personnelles, permettre ainsi de se confronter à l’altérité, en tentant de mettre à distance jugements de valeur, propos blessants et représentations erronées.

Mounia Boudiaf a rencontré les élèves en amont de la représentation théâtrale. Les enseignants d’histoire- géographie- EMC ont de leur côté sensibilisé les élèves au contexte historique des évènements du 17 octobre en pleine guerre d’Algérie ( unes de presse, analyses d’historiens…) afin de les faire réfléchir sur la différence entre Histoire et Mémoire/ histoires et mémoires.

« Êtes vous d’accord avec le texte ? » demande un élève aux acteurs.

« Ce n’est pas la question, reprend Mounia Boudiaf. Ce qu’il faut tenter d’éviter , c’est de fantasmer une histoire familiale ou autre, en se basant sur des faits que l’on a pas vécus. Il faut donc dans les familles poser des questions aux parents, et c’est vous qui ainsi allez faire l’histoire de demain ».

« Y aura t-il une suite ? « demande un autre élève.

« Myriam part en Algérie, le grand-père va mourir. La suite, c’est vous peut être qui pourrez l’écrire... ».

Une allusion de Mounia Boudiaf à la tenue d’éventuels ateliers d’écriture proposés aux élèves en pluridisciplinarité avec les enseignants de lettres et d’histoire , qui se tiendraient prochainement, avec peut-être, à la demande de ces derniers, la venue de Rachid Benzine dans l’établissement, pour faire suite à une première rencontre lors de la présentation de « Lettres à Nour ».

« Que répondriez vous à quelqu’un attiré par la radicalité ? » demande Mounia Boudiaf aux élèves.

Spontanément, la réponse fuse :

« On raconte la vraie histoire, on lui demande pourquoi il est raciste, et on essaie de trouver un moyen pour changer ça ».

Une mise à distance que l’espace théâtral offre aux jeunes générations sur des sujets complexes et sensibles pour créer une alliance entre le présent et leurs futurs possibles.

 

Article proposé par Mme Pascle Nicq, Professeur Documentaliste à la Cité Scolaire E Zola, Wattrelos

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